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Sport : Pourquoi 99% d’entre nous n’ont pas les bons modèles

L’entraînement sportif fait partie de mon hygiène de vie depuis des années. Mais depuis l’arrivée d’une vague d’influenceurs sportifs sur les médias sociaux, j’ai eu envie de porter un regard dessus.

Ce que les médias sociaux ont changé dans le sport

Lorsque j’ai commencé l’entraînement sportif, les médias sociaux n’existaient pas. Je m’y suis intéressé en tombant sur des livres parlant de biomécanique, d’anatomie humaine et de nutrition. Cela fait 15 ans maintenant que je pratique régulièrement des entraînements sportifs. Mais quelque chose semble avoir changé récemment : plus de (très) jeunes hommes et femmes (comprendre, de 16-20 ans) fréquentent les salles de sport qu’à mes débuts. Et je serais prêt à parier que cela a un tout petit peu à voir avec la façon dont les médias sociaux façonnent nos perceptions du corps masculin et féminin. Mais jetons d’abord un bref coup d’œil au passé.

L’entraînement sportif n’était l’apanage que de quelques personnes.

Lorsque l’on parle d’entraînement sportif, les gens pensent généralement au culturisme. La raison principale est que le fitness et l’entraînement sportif ont commencé avec la popularisation du bodybuilding dans les années 70. Et il est amusant de savoir que si Arnold Schwarzenegger vient à l’esprit de tout le monde en parlant de culturisme, de nombreuses personnes vouaient déjà leur vie à l’haltérophilie plus de 70 ans auparavant, comme Eugen Sandow ou Charles Atlas. De Sandow à Phil Heath, les corps n’ont jamais cessé d’évoluer, créant les nouvelles normes d’un physique “fort” et « imposant ».

Mais, les physiques de culturistes d’aujourd’hui peuvent-ils raisonnablement être atteints ? Dans les années 70, à l’âge d’or du bodybuilding, les pratiquants étaient déjà familiers des produits et techniques dopantes (1). Les stéroïdes anabolisants étaient un secret de polichinelle dans le milieu du culturisme et au-delà. Les lois interdisant leur vente et leur possession rendaient leur utilisation invisible. Et le dopage est encore, à ce jour, fondamental pour expliquer les performances auxquelles nous assistons depuis.

Les corps hyper-musculeux ont colonisé nos imaginaires

Sur YouTube et Instagram, nombreux sont ceux qui mettent en scène les corps de bodybuildeurs zélés. Si auparavant, ces corps n’étaient visibles que dans Muscle & Fitness, les médias sociaux ont permis à de parfaits inconnus de montrer leurs muscles devant un large public, souvent très jeune.

Encouragés par des millions de followers, beaucoup font la promotion d’un entraînement sportif totalement débridé. Sans admettre leur utilisation de produits dopants, ils vendent des compléments alimentaires ou des programmes, parfois entièrement faux.

Grâce aux algorithmes, leur contenu devient viral, ce qui le rend incontournable pour une personne intéressée par l’entraînement sportif ou la nutrition. Pire, la notoriété dont ils peuvent jouir sur les réseaux sociaux sert souvent d’argument d’autorité pour asseoir leur légitimité. Pour autant, il serait injuste d’attribuer ce phénomène aux seuls influenceurs du fitness et du bodybuilding.

L’industrie du divertissement a également exercé une forte pression. Notamment Hollywood, qui a gagné des milliards grâce aux films de super-héros dans les années 2010. Vous ne vous souvenez pas des transformations de ces acteurs en quelques mois d’entraînement et d’un régime à base de « poulet, riz et brocoli » ?

Le corps hyper musclé, autrefois marginalisé, est devenu en moins d’une décennie une nouvelle norme dans l’esprit des jeunes amateurs de sport. Et tout contenu critique n’est pas de nature à freiner l’influence de ces modèles sur les millions de nouveaux venus dans les salles de sport.

Un regard critique sur le discours de la performance

Je regarde souvent l’engouement actuel avec une certaine distance. Parce que, lorsqu’il s’agit d’entraînement sportif, la seule norme devrait être notre propre personne.

Parmi les amateurs de sport, au-delà du talent, nous ne sommes pas égaux. Tant de choses influent sur ce que nous pouvons accomplir, comme nos niveaux d’hormones ou notre métabolisme. Au-delà des objectifs, nous avons des insertions musculaires, des longueurs de bras ou de jambes différentes.

En être conscient nous aide à surmonter nos faiblesses et à accepter les limites que nous rencontrerons à un moment donné en adaptant notre entraînement à nos caractéristiques physiques et physiologiques.

La course à la performance à tout prix (2) existait dans le sport et le divertissement. Les médias sociaux l’ont introduite dans nos vies, poussant nombre d’entre nous à utiliser les mêmes recettes pour construire une version améliorée de nous-mêmes, des filtres photo à la chirurgie esthétique ou aux médicaments.

On ne peut que s’alarmer du fait que de plus en plus de sportifs amateurs s’adonnent aux produits et techniques dopantes. Dans une société qui accorde tant d’importance à la performance, il n’est pas surprenant que cette culture du résultat imprègne les modes de vie. Mais nous devrions être très inquiets qu’elle façonne nos vies personnelles.

Le voyage compte plus que le but

À ceux qui démarrent aujourd’hui avec de tels modèles, je n’aurais que cette chose à dire : lorsque le sport entre dans notre vie, il est tentant de se lancer des défis, mais pour que cela ne devienne pas aliénant, nous devons partir “de nous-mêmes”. Pas de ceux qui projettent un idéal inatteignable.

Il y a tellement d’aspects de notre vie où nous sommes en compétition (les études, puis le monde du travail) que le sport amateur devrait être protégé des incitations et des modèles qui encouragent les pratiques excessives. Nous ne devrions pas non plus être inondés de communications faisant la promotion d’un physique insoutenable dans les médias que nous consommons quotidiennement.

En tant que passionnés de sport, notre plus grand plaisir est de pratiquer un sport pour l’amour de celui-ci. D’après mon expérience, ceux qui comprennent cela sont les rares à trouver l’équilibre parfait entre le sport et leur vie.


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