Travailleur indépendant : mes conseils d’expérience pour réussir

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Je suis devenu Consultant marketing digital & social media en novembre 2010, et je n’avais jamais pris le temps de partager le vécu « de l’intérieur » de mon expérience de travailleur indépendant. A l’heure où je reprends l’écriture, j’ai décidé de remédier à cela, et de partager ces quelques conseils avec tous ceux qui se lancent à leur tour, ou projettent de le faire prochainement.

Devenir freelance : un choix

Je pense qu’il est nécessaire de rappeler cela pour commencer : se mettre à son compte et tourner le dos au salariat n’est jamais un acte anodin, c’est un choix mûrement réfléchi ayant des répercussions à la fois sur le plan professionnel et personnel, en particulier si vous avez un job stable avec une bonne rémunération.

Une affaire d’aspirations et d’opportunité

Le fait de créer son activité réside dans la conviction que l’on a davantage la possibilité de s’épanouir par ce biais, qu’en restant salarié. Cela répond souvent à un désir de plus grande liberté, l’envie de créer un job à la hauteur de ses attentes, et la perspective de gagner mieux sa vie (sur ce point, rien n’est moins sûr).

Pour ma part, le souhait de me mettre à mon compte est venu de plusieurs aspirations :

  • Être mon propre patron, avoir une certaine indépendance par rapport au choix de mes missions, pouvoir dire oui ou non à un projet, ne plus être sous la contrainte de rapports hiérarchiques ;
  • Organiser ma vie comme je l’entends, reprendre la main sur la planification de mes journées, et la répartition du temps de travail dans la semaine ;
  • Avoir une offre de services différente, plus adaptée selon moi au marché et à la réalité des médias sociaux ;
  • Privilégier qualité et éthique, en ayant à la fois la main sur le commercial et l’exécution de la prestation. Cela me permet de “parler vrai” à mes clients, et de ne pas transiger sur la qualité de mon travail.

  • A l’époque où je me suis lancé en freelance, j’avais deux à trois ans d’expérience dans le Community Management quelques contacts pouvant me faire travailler, et il y avait peu de concurrence en province. Le fait que peu d’entreprises connaissent mon métier et soient peu réceptives aux enjeux de la communication sur les médias sociaux constituait en fin de compte le seul frein potentiel à mon développement.

    Choisir son espace de travail

    En tant que travailleur freelance, on accède bien entendu au fantasme de presque tout professionnel : travailler où on le souhaite, décider de son propre environnement de travail. Travailler dans son salon ou à la terrasse d’un café deviennent alors possible, mais rapidement, on se rend compte que le meilleur moyen de stimuler sa productivité est de recréer un espace de travail réunissant toutes les conditions pour travailler correctement des heures durant.

    Deux solutions s’imposent couramment au professionnel freelance :

  • Le travail à domicile : Si vous préférez travailler au calme, ne craignez pas la solitude, et pouvez aménager un vrai bureau (idéalement une pièce séparée de la chambre ou du living-room).
  • L’espace de coworking : Si vous avez connu une vie de bureau riche en contacts humains, et préférez la compagnie d’autres professionnels dans votre environnement de travail.

  • Ces deux solutions ne sont pas très compliquées à mettre en oeuvre, mais si la première est indéniablement la moins onéreuse, je pense que la plupart des professionnels apprécieront d’avoir un espace de travail en dehors du lieu de vie, avec une véritable atmosphère de travail.

    Comment se lancer dans une activité freelance porteuse

    Avant de se lancer, il est impératif de se demander comment on sera rémunéré une fois freelance. En tant que salarié, la question est assez simple : on est rémunéré tous les mois le même salaire, suivant un contrat de travail précis et les heures de travail effectuées. C’est une situation assez confortable à dire vrai. Une fois travailleur indépendant, il faut commencer par déterminer son offre, ses tarifs, établir des objectifs de croissance et la stratégie pour y arriver… Mais au fait, comment faire pour mettre un prix sur chaque prestation proposée ?

    Connaître les prix du marché

    Le premier réflexe que vous devez avoir, c’est de regarder les prestations qui sont proposées ailleurs. Si la plupart des professionnels n’affichent pas leurs tarifs sur leur site web, on peut toutefois trouver des éléments de réponse sur des groupes Viadeo/LinkedIn où ces derniers sont actifs : il peut par exemple arriver qu’un topic sur la rémunération du Community Manager ait été ouvert et que certains aient contribué.

    D’autre part, vous pouvez mener votre enquête de manière un peu plus active. Pourquoi ne pas vous faire passer pour un prospect afin de connaître les tarifs de la concurrence ? C’est simple comme bonjour, si bien qu’il m’est moi-même arrivé de me demander si je n’avais pas été sollicité de la sorte.

    Ne cédez pas à la tentation du low-cost ou du service gratuit.

    Ça peut paraître bizarre, mais la plupart des personnes qui souhaitent travailler en freelance, tendent à sous-évaluer les tarifs de leurs prestations.

    Cela s’explique d’abord par la crainte de ne pas trouver de client si l’on est trop cher, crainte découlant de l’idée très répandue que les entreprises n’ont pas les moyens de communiquer, alors qu’en réalité une entreprise qui ne communique pas est vouée à disparaître.

    Cela s’explique ensuite par une erreur courante, qui est de calculer son prix, en fonction de ce que l’on gagnait en tant que salarié. Ainsi, quelqu’un dont le salaire horaire net était de 13€ de l’heure n’imagine pas un instant qu’il va devoir tripler ce chiffre pour arriver à une rémunération brute à peu près équivalente.

    Ne cédez pas non plus aux personnes qui vous demanderont une prestation non-rémunérée, comme un service. Car votre temps est bien trop précieux pour ne pas être rémunéré, et c’est sans doute le pire moyen de montrer la valeur de votre travail. Ceux à qui vous avez un jour offert une prestation, n’espérez pas en faire de vrais clients.

    Faites-vous payer régulièrement, et dans les temps

    Il y a différentes façons d’énoncer le coût d’une prestation, la plus courante étant de le faire sur la base d’un tarif horaire ou journalier.

    Bien qu’il n’y ait pas de règle dans le domaine, le plus fréquent est de facturer ses prestations vers la fin de chaque mission, et d’exiger un règlement sous 30 jours net, à compter de la date d’émission de la facture.

    Pour être payé dans les temps, le plus simple est de proposer à vos clients le règlement par virement bancaire, en indiquant vos coordonnées sur les factures émises.

    Vous pouvez également demander le versement d’un acompte, c’est à dire un premier versement « à valoir » sur une prestation effectuée pour un client. Cet acompte peut aller raisonnablement jusqu’à 30% du montant du devis signé, et vous évitera de tirer la langue si le paiement de la prestation tarde à venir.

    Comment survivre à la longue

    Spécialisez-vous !

    Le meilleur moyen de durer et de se démarquer, est de se spécialiser. Plus on se spécialise dans un domaine, moins on a de concurrence, et plus on rentre dans une logique d’expertise à laquelle les clients peuvent souscrire.

    N’arrêtez jamais de vous former

    Le meilleur moyen de gagner en performance est de continuer à vous former, en prévoyant un temps dans votre semaine uniquement consacré à cet objectif. Un bon professionnel doit partir du principe qu’il n’est jamais un expert absolu dans son domaine, et qu’il a sans cesse de nouvelles choses à apprendre. Pour moi, cela peut aller de nouveaux outils récemment découverts dans ma veille technologique, au perfectionnement de certaines compétences.

    Privilégiez la satisfaction de vos clients

    En matière de relation client, avoir le bon état d’esprit est primordial. Pensez toujours que vous êtes là pour aider vos clients à résoudre une problématique précise, et que vous offrez, plus que des prestations de qualité, un accompagnement adapté. Mettez vous à la portée de vos clients, parlez-leur simplement, sans anglicisme ou jargon technique. Cela est particulièrement vrai si vos clients ne connaissent rien à votre métier.

    Car peu importe la qualité du travail fourni, si vous ne communiquez pas correctement avec eux, il seront dans l’incertitude, et très probablement insatisfaits.

    De la même manière, soyez honnête et transparent avec vos clients. Si vous faites une faute, amendez-vous et proposez une solution en conséquence. Si un de vos clients se trompe, expliquez-lui pourquoi de manière pédagogue, sans condescendance.

    En adoptant cette attitude, vous éviterez bon nombre de problèmes, et garderez assurément plus longtemps vos clients.

    En networking, ne sous-estimez pas vos liens faibles

    Une grande partie de votre réussite dépendra moins de vos diplômes, expériences, que de votre réseau professionnel. Et si faites d’abord connaître votre activité de freelance à vos amis ou à des professionnels que vous connaissez très bien, ne sous-estimez pas le pouvoir de relations plus éloignées.
    Des liens faibles peuvent être « forts » en terme d’impact, dans la mesure où, s’ils sont diversifiés, ils permettent de pénétrer d’autres réseaux que ceux constitués par les liens forts. Des personnes auxquelles vous n’auriez pas songé peuvent être intéressées par vos compétences et votre savoir-faire, mais au moment présent, impossible pour elles comme pour vous de le savoir. Cultivez donc votre réseau, en ligne et également IRL, car c’est là votre bien le plus précieux.

    Intégrez l’échec comme une éventualité

    Échouer n’est ni souhaitable, ni obligatoire, mais est statistiquement probable.
    C’est au cours des premières années de son existence qu’une entreprise est la plus vulnérable : le principal défi à relever est de faire rentrer des liquidités régulièrement, et de constituer une assise financière permettant de faire face aux périodes d’inactivité. Garder cela à l’esprit vous procurera l’énergie et le coup de fouet nécessaires pour relever les défis qui vous attendent.

    En conclusion

    L’expérience de travailleur indépendant est sans aucun doute la plus enrichissante que j’ai connue. Me mettre à mon compte m’a apporté des bénéfices insoupçonnés, parmi lesquels :

  • La polyvalence. Lorsque l’on travaille à son compte, on ne fait pas que travailler sur les projets clients, on porte aussi d’autres casquettes : chef de projet, comptable, commercial, marketeux…
  • Une plus grande autonomie. Un autre changement majeur vécu, est la perte des rapports hiérarchiques établis dans l’entreprise. Désormais, personne n’est là pour vous dire ce que vous devez faire, et vous devez trouver par vous-même des solutions à chaque problématique rencontrée.
  • Un capital professionnel. En étant freelance, on continue de monter en compétence, on étoffe son réseau, et on développe sa notoriété. Bref, tout ce qui permet d’avoir toujours du travail.


  • Si vous hésitez à vous lancer, peut être est-ce le moment. En tant que travailleur indépendant, il y a plein d’opportunités, en particulier pour les plus motivés !



     
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    About the author

    Max Schleiffer

    11 comments

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    • […] d’enquêtes et de sondages qui révèlent les enjeux psychologiques au niveau du marketing. Travailleur indépendant : mes conseils pour réussir. Je suis devenu Community Manager freelance il y a exactement quatre ans, et je n’avais jamais […]

    • Bonjour !

      Merci d’avoir partagé ton expérience, c’est vraiment un article très intéressant, je souhaite me lancer en Freelance en province, d’ici quelques mois/années .. Et je voulais vraiment avoir le témoignage de quelqu’un qui serait passé par là. Je pense que ça ne doit pas être facile tous les jours, d’autant que le métier de CM est encore peu reconnu en France (malheureusement).
      En tout cas je suis contente d’être tombée sur ton expérience, merci encore !

      🙂

      • Merci Elena, ravi d’avoir pu t’apporter ce témoignage 😉 Le métier de CM souffre encore de quelques clichés mais est désormais bien mieux reconnu qu’à mes débuts, c’est un constat que je fais au quotidien du côté de l’Alsace en tout cas !

        Plein de réussite dans ton projet d’avenir, et n’hésite pas à revenir sur ce blog pour partager ton expérience 🙂

    • Je cherchais désespérément un article de ce genre : une expérience vue de l’intérieur, claire et qui répondrais à mes interrogations concernant la rémunération. Merci Max !

      Par ailleurs, je voulais savoir si tu as des contacts qui exercent le métier de Community Manager freelance pour des entreprises basées à l’étranger depuis la France ? Je pense que la démarche est différente (côté administratif) et je peine à trouver des témoignages.

      A bientôt 🙂

      • Merci pour ton message Mélissa ! Je ne connais pas de CM freelance en France qui travaille exclusivement pour des entreprises à l’étranger, mais cela est en partie mon cas. Si tu as des questions en particulier, n’hésite pas ! Je viens de t’envoyer un e-mail avec mon adresse.

        A bientôt 🙂

    • Comme dit hier sur Twitter, il est top cet article! La première question qui se pose quand on se lance dans la vie d’entrepreneur: comment va-t-on faire les premiers temps sans rentrée d’argent fixe? Personnellement, c’est l’aspect qui me freine le plus: je garde encore mon job « fixe » à côté mais je ne m’y épanouis plus. Je rêve de pouvoir me consacrer complètement à la société que je viens de créer mais il faut pouvoir assumer les factures qui entrent, même si je suis bien consciente que je ne gagnerai pas le même salaire qu’actuellement (mais cela est assumé ;-))

    • Bonjour et merci pour ce partage d’expérience. Je me lance actuellement dans le Community Management en freelance et je cherchais des avis, des conseils et des témoignages pour me préparer à cette nouvelle aventure.
      J’ai trouvé une société qui serait intéressée par mes services et je commence à travailler sur une stratégie à mettre en place. J’ai parfois l’impression de ne plus savoir où donner de la tête tant il y a de choses à lire, à faire, à préparer et d’informations à trouver et partager ! 🙂

    By Max Schleiffer