Nous passons trop de temps connecté. Ce sentiment, nous l’éprouvons tous un jour, après avoir passé un nombre trop important de journées les yeux rivés sur notre netbook, smartphone, ou tablette. A l’heure où on parle de plus en plus d’addiction aux nouvelles technologies, d’infobésité à mesure que les nouvelles TIC s’imposent dans notre quotidien, la vraie question ne serait-elle pas de modifier nos usages des nouvelles technologies ?

 

Toujours plus connectés

Si un Homo Sapiens du siècle dernier faisait un saut bref à notre époque, il ne mettrait sûrement pas longtemps à faire état d’une différence fondamentale entre lui et nous, Homo Sapiens du XXIème siècle : nombre d’entre-nous vivent accrochés en permanence à un terminal (pc, tablette, smartphone) notre téléphone portable, qui, en plus de passer nos appels, nous permet de gérer en temps réel une masse conséquente d’informations (rappel agenda, notifications mails et réseaux sociaux, tchat, sms).

Cette hyper-connectivité est d’autant plus forte, qu’elle se confond dans nos vies personnelles et professionnelles : les voies par lesquelles ces quantités très importantes d’informations nous parviennent se sont banalisées en même temps sur les deux plans : téléphone, ordinateur, et bien sûr, Internet.

Difficile ainsi de fixer des limites à des usages.

 

Prendre conscience de nos limites

L’Evolution ne faisant pas son œuvre aussi rapidement que le progrès technologique, nos cerveaux d’Homo Sapiens ne diffèrent pas de ceux d’Homo Sapiens du siècle dernier. Une idée répandue veut que la « génération Y » soit naturellement douée dans l’usage des TIC par rapport aux générations aînés, car née avec les nouvelles technologies. On se rend compte qu’en réalité, cette maitrise innée des jeunes générations reste souvent limitée à un  usage récréatif (recherche de vidéo Youtube, tchat, publication de statuts Facebook, jeux en réseau, etc.)

Autre fait : notre cerveau, peu habitué à traiter une masse importante d’informations,  en zappe une grande majorité, et analyse le reste de manière superficielle. Nos capacités sont limitées, ce qui n’est pas le cas du média en face de nous : plus on cherche à absorber une quantité importante d’informations, plus on prend donc le risque de saturer.

 

Adopter un usage plus rationnel

Une utilisation soutenue, du lever au coucher, des différents médias sociaux génère un sentiment de fatigue, d’ennui et d’épuisement. Cet épuisement au bout d’un certain temps peut se traduire par un phénomène de rejet, pur et simple des réseaux sociaux, de l’hyper-connectivité. On ne compte plus les témoignages de blogueurs, journalistes, artistes, sportifs, qui déclarent prendre des vacances prolongées des réseaux sociaux en raison d’un gros ras-le-bol.

Etant professionnel de la communication sur les réseaux sociaux, je sais au moins une chose : la névrose me guette au moins autant, mais en ce qui me concerne, impossible de déconnecter lorsque j’atteins le point de rupture.
La seule solution pour ne pas faillir, est donc d’adopter un usage moins intensif, plus adapté.

 

Faire le tri

Les utilisateurs avertis des réseaux sociaux vous le diront : qui dit rationnaliser sous-entend se livrer en premier lieu à un tri sélectif des sources d’informations, l’idéal étant de compiler un minimum de sources qui vous renseignent un maximum sur le sujet de votre choix.

 

Créer des listes exportables

Les listes d’intérêts vous permettent de faire le tri parmi les personnes que vous suivez, et d’en inclure d’autres qui ne sont pas dans votre réseau proche, mais qui sont actifs sur la même thématique. L’usage de ces listes reste bien sûr privé et à votre seule discrétion (sauf pour Twitter qui rend public, par défaut, les listes créées).

Les listes sont d’autant plus pratiques, qu’elles peuvent remplacer votre timeline/flux d’actualité avec des outils comme Tweetdeck, ou Flipboard.

 

Faire l’économie des notifications

Le meilleur moyen de ne pas se laisser submerger par un flux d’informations ininterrompu est de désactiver un grand nombre de notifications, et de ne garder que celles qui concernent votre e-réputation (nouvelles mentions, commentaires sur vos actualités)

  • Facebook : Paramètres du compte → notifications [lien]
  • Twitter : Paramètres → notifications par email [lien]
  • Google+ : Comptes → Google+ [lien]
  • Viadeo : Mon compte → Newsletter et alertes email [lien]
  • LinkedIn : Settings → Email preferences [lien]
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    Automatiser la curation sur Facebook et Twitter

    Vous pouvez aussi confier une partie de votre sélection d’informations à un outil de curation automatique. Mon préféré, c’est News.me, lancé il y a quelques mois par l’incubateur de projets web Betaworks (à qui l’on doit Bit.ly). News.me fait en quelque sorte le travail à ma place, et m’envoie tous les jours par email un compte rendu des liens les plus partagés dans mon réseau proche et distant.

     

    Usage des flux RSS pour une recherche Twitter

    Enfin, beaucoup vous diront que l’avantage de la veille en temps réel sur le RSS, est la possibilité de réagir instantanément. Ceci dit, cette veille en temps réel n’est vraiment un besoin que dans la gestion d’e-réputation. Pour gérer le reste de votre veille, le mieux reste encore de passer par les flux RSS (via des recherches sauvegardées), et de ne consulter ces flux RSS qu’une fois par jour au maximum.

  • Pour créer un flux rss à partir d’une recherche de mots-clés Twitter (ex : « page facebook »), insérer dans votre lecteur rss ce modèle d’url :
     http://search.twitter.com/search.atom?q=page+fan+facebook
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    Définir des moments pour la lecture, sauvegarder les informations plus intéressantes

    Que ce soit pour la lecture de tweets ou d’articles entiers, vous devez vous fixer une limite, un temps donné, voire un horaire précis pour la consultation de vos réseaux sociaux. L’usage d’un outil comme Pocket (anciennement Read it Later) est conseillé dans la mesure où vous pouvez sauvegarder en petite quantité une liste d’articles à lire le soir ou le matin, en marge de vos horaires de travail.

     

    Comme beaucoup de systèmes pérennes, celui-ci repose sur une organisation rigoureuse : la clé du succès réside ici dans la capacité à créer des listes pertinentes en faible quantité (1 à 3 listes) pour chaque réseau social, à rassembler des sources d’informations intéressantes sur les réseaux sociaux, et à se tenir à des créneaux d’utilisation définis au préalable (1 à 3 fois par jour à raison de 20 minutes). Une méthode comme celle-ci vous permettra, correctement optimisée, de diviser considérablement le temps que vous passez à lire des informations sur les réseaux sociaux, et vous procurera à n’en pas douter, un plus grand confort d’utilisation !